Il est des dates qui ne s’inscrivent pas seulement dans les livres d’histoire, mais qui se gravent dans la chair d’une nation. Le 27 janvier est de celles-là. Un an après que l’ombre de la tragédie s’est abattue sur Goma, emportant plus de 9 000 âmes innocentes, le temps semble s’être arrêté au pied du Nyiragongo.?

Se recueillir, c’est d’abord refuser l’oubli. Nommer ces victimes, c’est leur rendre leur dignité d’êtres humains que la violence aveugle a tenté de réduire à de simples statistiques. Car derrière le chiffre vertigineux de 9 000, il y a des pères, des mères, des enfants, et autant d’avenirs brisés. Ce premier anniversaire nous impose une pause nécessaire, loin du tumulte des fronts et des joutes diplomatiques.

Pleurer ensemble est un acte de résistance contre la barbarie. Se souvenir ensemble est une promesse faite aux survivants que leur douleur est partagée par toute une nation.

Mais le deuil ne suffit pas. Ce moment de réflexion doit aussi être celui d’un examen de conscience pour le monde. Combien de cris devront encore monter de l’Est pour que l’indifférence cesse de servir de bouclier à l’impunité Honorer les morts, c’est avant tout protéger les vivants.

L’espoir de « jours meilleurs » que nous invoquons aujourd’hui ne tombera pas du ciel comme une pluie bénie. Il naîtra de notre capacité à transformer cette tragédie en une exigence de justice et de paix inébranlable. Que ce 27 janvier ne soit pas seulement une journée de larmes, mais le point de départ d’un refus catégorique de voir l’horreur se répéter.

Pour les 9 000. Pour Goma. Pour l’avenir.

ÉDITORIAL TONDE MABALE TRESOR

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