La ville morte organisée par l’opposition contre le projet de révision constitutionnelle a-t-elle échoué ? Joseph Zagabe apporte des éclaircissements

Kinshasa Au cours d’un entretien accordé à la radio RTVS1 à Kinshasa, Joseph Zagabe, président national des Patriotes Wazalendo, s’est exprimé sur trois sujets majeurs : la journée « ville morte » organisée par l’opposition contre le projet de révision de la Constitution, la situation sécuritaire sur le front ainsi que les sanctions américaines visant certains responsables du M23 et des groupes armés ougandais.
Abordant la question de la ville morte initiée par l’opposition pour protester contre une éventuelle révision constitutionnelle, Joseph Zagabe a rejeté les accusations selon lesquelles le président de la République chercherait à briguer un troisième mandat. Selon lui, l’idée d’une révision de la Constitution ne provient pas du chef de l’État, mais émane d’une partie de la population qui estime nécessaire d’adapter certains textes aux réalités actuelles du pays.
Pour étayer son argumentation, il a souligné que de nombreux citoyens ont poursuivi normalement leurs activités quotidiennes durant cette journée de mobilisation, ce qui constituerait, selon lui, un signe de désaveu à l’égard de l’initiative de l’opposition. Il a également affirmé que certains opposants demeurent liés à l’ancien président Joseph Kabila ainsi qu’au président rwandais Paul Kagame, les accusant de nourrir des ambitions contraires aux intérêts de la République démocratique du Congo.
Joseph Zagabe a par ailleurs estimé que toute opposition soucieuse du développement national devrait se réjouir des avancées enregistrées lorsque celles-ci profitent à la population. Il s’est dit convaincu que les tentatives de mobilisation contre les institutions continueront à échouer, affirmant que les Congolais sont désormais plus vigilants face aux discours politiques.
Concernant la situation sécuritaire dans l’est du pays, le président national des Patriotes Wazalendo a indiqué percevoir des signes encourageants laissant espérer une amélioration progressive de la situation. Toutefois, il s’est interrogé sur certaines décisions militaires prises dans les zones de Kamanyola et d’Uvira. Selon lui, le retrait ou l’éloignement des combattants Wazalendo de certaines positions stratégiques pourrait fragiliser la sécurité de ces territoires.
À cet effet, il a appelé le ministre de la Défense à examiner cette situation et à prendre les mesures nécessaires afin de renforcer les dispositifs de défense dans ces zones qu’il considère particulièrement exposées aux menaces rebelles.
Évoquant les sanctions américaines imposées à certains responsables du M23 ainsi qu’à des rebelles ougandais, Joseph Zagabe a estimé que ces mesures constituent un signal fort adressé aux groupes armés opérant dans l’est de la RDC. Il a affirmé que les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), appuyées par les Patriotes Wazalendo, demeurent déterminées et suffisamment préparées pour faire face à toute menace sécuritaire.
Selon lui, l’engagement des forces de défense et de sécurité, associé au soutien de la population, permettra de restaurer durablement la paix et l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national. Il s’est montré optimiste quant à un retour progressif à la normale dans les zones affectées par le conflit.
Joseph Zagabe a adressé un avertissement aux personnes qui ont rejoint ou continuent de rejoindre les rangs de l’AFC/M23. Il a estimé que celles-ci pourraient regretter leur choix lorsque la situation sécuritaire se stabilisera et que les responsabilités de chacun seront établies.
Pour Tribune d’Afrique
