
Vingt-quatre heures après la violente dispersion de la manifestation de l’opposition aux abords du Palais du Peuple, l’onde de choc est encore palpable dans la capitale. La marche, qui visait à protester contre la gestion actuelle du pouvoir, a tourné à l’affrontement avec les forces de l’ordre. Plusieurs figures de proue de l’opposition, dont Martin Fayulu et Delly Sesanga, ont été blessées au cours des échauffourées, qualifiées par les autorités de « troubles à l’ordre public .
C’est dans ce contexte de vive tension que Jean-Marc Kabund-a-Kabund, ancien allié du chef de l’État passé dans l’opposition radicale, a livré une réaction sans concession.
Interrogé sur les incidents de la veille et l’avenir de la coalition de l’opposition, Jean-Marc Kabund a planté un décor dramatique, appelant la population à une prise de conscience immédiate. Pour lui, le curseur du tolérable a été franchi.
Nous avons devant nous un choix à faire. Soit celui de sauver notre pays, soit de le laisser couler, parce que Félix Tshisekedi et ses amis sont déterminés à balkaniser ce pays », a-t-il déclaré avec gravité.
L’ancien président faisant fonction de l’UDPS n’a pas mâché ses mots à l’égard de ses anciens compagnons politiques, les accusant de mener une politique de terre brûlée institutionnelle et sociale.
Au-delà de la répression policière d’hier, Jean-Marc Kabund dresse un réquisitoire sévère contre la gouvernance actuelle, qu’il juge responsable de la dégradation des conditions de vie des Congolais.
Ils sont déterminés à détruire tout ce que nous avons en commun , martèle-t-il.
Selon lui, le quotidien des Congolais se résume désormais à « la misère et la souffrance, tout ce que nous vivons aujourd’hui au Congo ».
L’opposant estime que le régime a franchi un cap dangereux : « Et voilà, ils se sont décidés de détruire notre avenir.
Cette sortie de Jean-Marc Kabund intervient alors que le climat politique s’alourdit à l’approche des grandes échéances. Les images de leaders de l’opposition blessés et évacués hier près du Palais du Peuple ont suscité de vives condamnations au sein de la société civile et de la communauté internationale, qui craignent une dérive autoritaire.
Du côté du pouvoir, on continue de justifier l’intervention des forces de l’ordre par la nécessité de maintenir l’ordre public et de protéger les institutions de la République face à ce qu’ils qualifient de « provocations ». Une ligne de défense qui ne semble pas entamer la détermination d’une opposition désormais unie par le sang versé sur le macadam de Kinshasa.
POUR TRIBUNE AFRIQUE