
Kinshasa, ce 23 juin 2026 Le climat politique en République Démocratique du Congo s’est brutalement crispé suite aux dernières assises de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO). En se prononçant catégoriquement contre tout changement de la Constitution et en exigeant le départ du président Félix Tshisekedi à l’issue de ses deux mandats légaux, l’Église catholique a jeté un pavé dans la mare, ravivant les tensions autour d’une question désormais capitale : faut-il, oui ou non, toucher à la loi fondamentale
Pour l’Épiscopat, la société civile et les forces de l’opposition, toucher au texte de 2006 s’apparente à franchir une ligne rouge historique. Le nœud du problème réside dans le verrouillage du nombre de mandats présidentiels. Les opposants au changement craignent qu’une nouvelle Constitution ne remette les compteurs à zéro, ouvrant la voie à une nouvelle candidature de Félix Tshisekedi après 2028.
Pour le camp du « Non », la Constitution actuelle est le socle de la jeune démocratie congolaise, celui-là même qui a permis la première alternance pacifique du pays. Ils estiment en outre que les priorités nationales sont ailleurs, notamment dans la résolution de la crise sécuritaire à l’Est et l’amélioration du social des Congolais.
Face à ces accusations, les partisans de la majorité présidentielle défendent une démarche souverainiste et pragmatique. Selon eux, l’actuelle Constitution, rédigée dans un contexte post-guerre à l’étranger, ne répond plus adéquatement aux défis contemporains de la RDC.
Le camp du « Oui » soutient qu’un changement ou une révision profonde permettrait de simplifier le fonctionnement des institutions, d’accélérer la décentralisation et de doter l’État d’outils plus agiles pour faire face aux crises économiques et sécuritaires. Pour la majorité, le peuple souverain doit rester libre de repenser ses propres lois sans injonctions.
Pour les réformateurs : L’opportunité de moderniser l’État et de consolider la souveraineté nationale face à un texte jugé obsolète.
Pour les conservateurs : L’impératif de préserver les acquis démocratiques et de garantir l’alternance politique pour éviter de nouvelles crises de légitimité.
En se positionnant comme boussole morale et contre-pouvoir, la CENCO donne un poids politique immense aux opposants à la révision. Ce face-à-face entre l’Église et le pouvoir central place le pays à la croisée des chemins.
Alors que la tension monte d’un cran dans les états-majors politiques, la gestion de ce débat constitutionnel s’annonce comme le principal test de stabilité pour les mois à venir.
Tribune Affrique