CONCOURS DE RÉACTIONS APRÈS LA SORTIE DE TSHISEKEDI : L’OPPOSITION ET LA SOCIÉTÉ CIVILE VENT DEBOUT CONTRE LE 3ème MANDAT

La semaine du 5 au 10 mai a été inondée par la récente conférence de presse du Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo a agi comme un véritable catalyseur de tensions sur l’échiquier politique congolais. Entre la remise en question de la Constitution, l’éventualité d’un troisième mandat et la gestion sécuritaire de l’Est, la classe politique et la société civile n’ont pas tardé à répliquer. Tour d’horizon d’une levée de boucliers.

Le leader de l’ECiDé, Martin Fayulu Madidi, n’a pas utilisé de gants pour fustiger les propos du Chef de l’État. Pour celui qui se considère toujours comme le garant de la vérité des urnes, l’idée d’une révision constitutionnelle pour un troisième mandat est une « ligne rouge » infranchissable.

Vouloir toucher à la Constitution dans le contexte actuel est une provocation de trop. Le peuple congolais a besoin de sécurité et d’intégrité territoriale, pas d’une présidence à vie , a-t-il déclaré, appelant à une mobilisation citoyenne pour « faire barrage à la dérive dictatoriale .

Corneille Nangaa : L’ombre de l’accord de 2018 plane toujours
Depuis son exil, l’ancien président de la CENI, Corneille Nangaa, aujourd’hui à la tête d’un mouvement rebelle (Alliance Fleuve Congo), a réagi en rappelant ce qu’il qualifie de « péché originel ». Selon lui, le déni du Président sur les accords passés et sa volonté de modifier les règles du jeu prouvent une « instabilité chronique » au sommet de l’État. Nangaa accuse le pouvoir de Kinshasa de chercher à gagner du temps alors que des pans entiers du territoire échappent au contrôle gouvernemental.

Marley Vuvu et la Société Civile : Une alerte sur la cohésion nationale
Du côté des activistes et des observateurs de la société civile, l’inquiétude est palpable. Marley Vuvu, figure montante de l’analyse politique et acteur de la société civile, souligne le danger d’un tel débat alors que le pays est agressé à l’Est.

Organiser un référendum ou changer la Constitution alors que le Nord-Kivu et l’Ituri sont sous état de siège est une hérésie. On ne change pas les règles du jeu en plein milieu d’une tempête », fustige-t-il.

La société civile craint que ce débat n’occulte les véritables priorités : le social des Congolais, la lutte contre l’inflation et, surtout, le rétablissement de la paix.
D’autres figures comme Delly Sesanga (Envol) ont également rejoint le concert de protestations, qualifiant la stratégie du pouvoir de « panne d’imagination ». Pour l’opposition plurielle, la conditionnalité des élections de 2028 à la fin de la guerre évoquée par le Président est perçue comme une menace de « glissement » infini.


Si le camp présidentiel défend une « adaptation nécessaire » de la loi fondamentale aux réalités congolaises, le mur de l’opposition semble plus solide que prévu. Entre les menaces de destitution brandies par certains élus et les appels à la résistance de la rue, le climat politique en RDC entre dans une zone de fortes turbulences.

Rédaction Tribune Afrique

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