Masisi-Goma La banane plantain sacrifiée sur l’autel de la pression fiscale

Le 7 mai 2026 Entre le territoire de Masisi et les étals de Goma, le régime de banane ne transporte plus seulement des nutriments, il porte désormais le poids d’une politique fiscale jugée étouffante. Ce qui était autrefois une route de ravitaillement vitale se transforme en un véritable couloir d’extorsion institutionnalisé, mettant à mal la résilience des populations du Nord-Kivu.


Alors que le territoire de Masisi panse encore ses plaies liées à l’insécurité, les opérateurs économiques espéraient un dividende de paix sous forme d’allégements fiscaux. C’est tout le contraire qui se produit.

    Ce n’est plus seulement une question de péage routier. Entre les taxes provinciales officielles et les jetons informels perçus par divers services aux barrières, la traçabilité des fonds pose question.

    Avec une augmentation de 30 % de la pression fiscale sur un seul trajet, les Mamans Bisalu ne sont plus des commerçantes, mais les collectrices de fonds d’un système qui ne réinvestit pas dans les infrastructures.

    L’État brille par sa présence aux barrières de contrôle, mais reste invisible lorsqu’il s’agit d’entretenir la chaussée ou de sécuriser les tronçons agricoles.
    Le politique semble oublier que la banane plantain n’est pas un produit de luxe, mais la base du panier de la ménagère à Goma.

    Les questions qui fâchent la population où vont les recettes
    La structuration de cette crise soulève trois interrogations majeures pour les décideurs :

      Pourquoi maintenir, voire augmenter, des taxes sur les produits de première nécessité dans une zone de post-conflit

      Quelle part de ces prélèvements alimente réellement le trésor public provincial pour les autorité emplace sous le zone occupé

      Si le trajet devient économiquement suicidaire, les producteurs de Masisi se détourneront-ils de Goma au profit d’autres circuits, isolant encore un peu plus la ville volcanique

      L’axe Masisi-Goma est le baromètre de la volonté politique au Nord-Kivu. Continuer à presser la filière plantain pour combler des déficits budgétaires est un calcul à court terme. Pour garantir la sécurité alimentaire et la paix sociale, les autorités doivent choisir : transformer les barrières en ponts de développement, ou laisser la précarité dicter sa loi.

      Plus qu’une crise commerciale, la taxe de trop sur la banane est le symptôme d’une déconnexion entre la gestion bureaucratique et la réalité du terrain.

      Pour Tribune AFRIQUE

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