Félix Tshisekedi lie la tenue des élections de 2028 à la fin de la guerre et n’exclut pas un troisième mandat

Lors d’une conférence de de presse tenu ce mercredi 6 mai 2026, le Président Félix Tshisekedi a brisé le silence sur deux sujets brûlants qui agitent la classe politique : la révision de la Constitution et le calendrier électoral de 2028. Entre fermeté sécuritaire et ouvertures politiques, le Chef de l’État a posé ses conditions.
L’annonce a fait l’effet d’une déflagration. Interrogé sur l’avance des travaux de la Commission Électorale Nationale Indépendante CENI, Félix Tshisekedi a été d’une clarté redoutable : la priorité est au front, pas aux urnes.

Si on ne peut pas terminer cette guerre, malheureusement, on ne pourra pas organiser les élections en 2028 , a déclaré le Chef de l’État

Le Président a insisté sur le fait qu’il est hors de question d’organiser un scrutin amputé des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, actuellement en proie aux affrontements avec le M23. Pour la Présidence, l’unité du territoire prime sur le respect fétichiste du calendrier électoral. Une position qui fait déjà craindre à l’opposition un scénario de glissement .

Si le peuple le veut, j’accepterai
L’autre grand volet de ce point de presse concernait la Constitution. Alors que son parti, l’UDPS, multiplie les appels à une révision constitutionnelle, Félix Tshisekedi a adopté une posture de serviteur de la volonté populaire .

Sur la révision Il a qualifié le débat de normal et démocratique , balayant les critiques qui y voient un passage en force.

Parlant de son avenir le président a insister su le point que si « Si le peuple veut que j’aie un troisième mandat, j’accepterai », a-t-il lancé, tout en précisant que son ambition est avant tout de préparer les générations futures et de faciliter la tâche de son successeur.

Pour justifier la nécessité de retoucher la loi fondamentale de 2006, le Président a également invoqué des pressions extérieures, notamment américaines. Selon lui, les réformes de la justice exigées par les partenaires internationaux ne pourraient aboutir sans une révision de la Constitution. Qu’est-ce qui nous interdit de nous pencher dessus ? , s’est-il interrogé, tentant de dissocier cet exercice juridique de la question purement électorale.
L’opposition n’a pas tardé à réagir, dénonçant ce qu’elle appelle un coup d’État constitutionnel programmé . Du côté de la société civile, l’inquiétude grandit face à l’incertitude qui plane désormais sur la fin du second mandat présidentiel.

À deux ans de l’échéance théorique de 2028, Félix Tshisekedi vient de redessiner les contours du paysage politique congolais, plaçant la nation devant un choix complexe la stabilité sécuritaire ou le respect strict des cycles électoraux.

Pour Tribune Afrique

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