RDC: Crise humanitaire, tensions sécuritaires et procès Kabila : l’actualité congolaise sous la loupe.
Entre une crise humanitaire sans précédent, un procès historique et des négociations incertaines, la RDC se trouve à la croisée des chemins.
Deux sujets dominent l’actualité de ce samedi : la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la RDC et le procès inédit de l’ancien président Joseph Kabila devant la Haute Cour militaire.
UNE URGENCE HUMANITAIRE SANS PRÉCÉDENT DANS L’EST DE LA RDC

Au Conseil de sécurité des Nations Unies, il a été rappelé que la RDC traverse « l’une des urgences humanitaires les plus aiguës au monde ». L’insécurité alimentaire s’aggrave alors que de nombreuses familles ont perdu l’accès à leurs champs et que leurs récoltes sont souvent confisquées.
La crise des déplacements atteint un niveau alarmant : près de 5,9 millions de personnes sont actuellement déplacées internes, dont plus d’un million au Nord-Kivu et environ 1,5 million au Sud-Kivu. Les populations, contraintes de fuir à plusieurs reprises, vivent dans un cycle permanent de peur et d’instabilité.
Le Conseil de sécurité a également adopté une résolution exigeant le retrait immédiat du M23 des zones occupées et la cessation des hostilités. Il a réaffirmé que « la souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC ne sont pas négociables » et a adressé un avertissement clair aux soutiens extérieurs présumés du mouvement rebelle.
La délégation congolaise à l’ONU a, pour sa part, dénoncé le Rwanda et ses alliés du M23, accusés de bloquer l’application des accords de paix et des résolutions déjà adoptées. Elle a rejeté les accusations selon lesquelles Kinshasa soutiendrait les FDLR, faute de preuves tangibles.
PROCÈS DE JOSEPH KABILA : LE MINISTÈRE PUBLIC RÉCLAME LA PEINE CAPITALE
À Kinshasa, le procès de l’ancien président Joseph Kabila devant la Haute Cour militaire a franchi une étape décisive. Le ministère public a requis la peine de mort pour « crimes de guerre », « trahison » et « organisation d’un mouvement insurrectionnel ». Des peines supplémentaires de 20 ans pour « apologie de crimes de guerre » et de 15 ans pour « complot » ont également été demandées.

Jugé par contumace, Joseph Kabila est accusé d’avoir entretenu des liens avec le M23, qui contrôle plusieurs localités du Nord et du Sud-Kivu. L’auditeur général des FARDC a affirmé que l’ancien chef de l’État serait le « véritable chef » du mouvement rebelle.
Au-delà des accusations militaires, le procès soulève également la question de son identité. Certains avocats de la République contestent sa nationalité congolaise, avançant qu’il serait en réalité rwandais, sous le nom d’Hyppolite Kanambe. Si cette thèse était retenue, l’infraction de trahison pourrait être requalifiée en espionnage, applicable aux étrangers.

Ce procès, inédit dans l’histoire du pays, illustre un tournant majeur : un ancien président jugé pour des faits liés à la guerre et à la déstabilisation de la nation.
DOHA : DES DISCUSSIONS ATTENDUES
Sur le plan diplomatique, les efforts se poursuivent pour ramener la paix dans l’Est. Alors que les précédentes rencontres avaient échoué, une nouvelle série de discussions est attendue à Doha, au Qatar.

Le M23 a confirmé l’envoi d’une délégation restreinte, chargée de discuter exclusivement des mécanismes de cessez-le-feu et de la libération des prisonniers. Du côté américain, un optimisme prudent demeure quant à l’issue positive de ces pourparlers, perçus comme une étape importante vers la réconciliation des communautés affectées.
En résumé
L’alarme humanitaire sonnée par l’ONU et la pression accrue du Conseil de sécurité sur le M23.
Le procès historique de Joseph Kabila, marqué par des réquisitions d’une sévérité sans précédent.
Les tentatives diplomatiques en cours à Doha, considérées comme une possible avancée vers un cessez-le-feu durable.
