La population de Goma manifeste contre les frappes de drones, Entre détresse et accusations

A GOMA,ce 12 mars 2026 Dans une atmosphère de tension palpable mais contenue, les rues de Goma ont été le théâtre d’une mobilisation d’envergure ce jeudi. Des milliers de citoyens, issus des 18 quartiers de la ville et du territoire de Nyiragongo, ont convergé vers le quartier général de la MONUSCO pour dénoncer une menace inédite : l’usage de drones armés en zones urbaines.
Dès les premières heures de la matinée, plusieurs colonnes de manifestants se sont formées depuis les points stratégiques de la cité : de l’axe Aéroport-Birere à l’ouest vers Mugunga, en passant par Majengo et Kihisi. Les slogans, inscrits en lettres capitales sur les calicots, visaient directement les autorités de Kinshasa : « Non au bombardement de Kinshasa sur la population civile et Je suis Goma, je veux la paix .
Le cortège a finalement fait jonction au Rond-point Signers, avant de porter ses revendications devant les bureaux de la mission onusienne.
Au cœur de cette colère se trouve une accusation grave portée par la société civile locale : l’implication des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) dans des frappes ayant touché des zones résidentielles.
Les faits allégués, Des bombardements récents auraient causé des dommages collatéraux importants et des pertes en vies humaines dans des quartiers densément peuplés.
Dans un mémorandum remis au représentant de la MONUSCO, les organisateurs exigent une enquête internationale indépendante sur l’origine et le guidage de ces engins volants.
Le paradoxe sécuritaire : Alors que ces outils technologiques sont censés cibler les groupes rebelles en périphérie, leur déviation ou leur usage mal calibré transforme les quartiers civils en zones de combat.
En ciblant la MONUSCO, les manifestants cherchent à briser le silence diplomatique. Pour les leaders de la société civile, il ne s’agit plus seulement de subir les affres des rébellions, mais de demander des comptes à l’État censé les protéger. Nous voulons que la communauté internationale voie que la menace ne vient pas seulement des collines, mais aussi du ciel, sous une bannière qui devrait être celle de notre protection, a déclaré l’un des participants sous couvert d’anonymat.
À l’heure actuelle, les autorités militaires n’ont pas encore officiellement réagi à ces accusations précises, maintenant leur ligne de conduite habituelle sur la « traque des forces négatives ». Toutefois, l’ampleur de la marche de ce 12 mars marque un tournant : la fracture de confiance entre les administrés de l’Est et le pouvoir central semble atteindre un point de non-retour
Pour Tribune Afrique: TRESOR TONDE
