Le Général Sylvain Ekenge cède sa place, une nouvelle ère pour la communication militaire

Dans un climat de restructuration stratégique, le commandement suprême des forces armées a officialisé le remplacement du Général Sylvain Ekenge à la tête de la communication de l’armée. Ce changement intervient après une période marquée par des tensions régionales et des sorties médiatiques qui ont suscité de vifs débats au sein de la classe politique et de la société civile.
Le départ du Général Sylvain Ekenge, figure emblématique de la communication militaire durant l’état de siège et la crise sécuritaire à l’Est, marque un tournant. Si le bilan technique de sa gestion est salué par certains pour sa réactivité, son mandat a également été entaché par des controverses liées à la forme de son discours.
Le nouveau porte-parole, dont la mission sera de redorer l’image de l’institution, hérite d’un poste hautement sensible. Sa priorité sera de professionnaliser davantage la parole de l’armée dans un contexte de guerre hybride où l’information est une arme à part entière.
Ce remaniement survient dans un contexte particulier. Plusieurs observateurs et partenaires internationaux avaient exprimé des réserves suite à certaines allocutions du porte-parole sortant. En cause : des propos perçus comme ciblant la culture rwandaise plutôt que de se limiter strictement aux responsabilités politiques et militaires du régime voisin
La communication de l’armée doit se concentrer sur les faits opérationnels et la défense de l’intégrité territoriale, sans basculer dans des amalgames culturels ou identitaires qui pourraient fragiliser la cohésion sociale ou servir de prétexte à l’adversaire , souligne un analyste sécuritaire basé à Kinshasa.
La nouvelle équipe de communication des FARDC devra relever trois défis majeurs :
Crédibilité : Maintenir un flux d’informations fiables sur les opérations de terrain (notamment face au M23).
Diplomatie : Aligner le discours militaire sur les efforts diplomatiques de la RDC pour éviter tout dérapage pouvant être interprété comme un discours de haine.
Modernisation : Utiliser les nouveaux canaux de communication pour contrer la désinformation sans sacrifier l’éthique républicaine.
Ce changement à la tête de la communication est donc perçu comme une volonté de la hiérarchie militaire de revenir à une parole plus institutionnelle, plus sobre, et plus conforme aux valeurs de l’armée congolaise
TRESOR TONDE MABALE
