Le cri d’alarme de Bahati Lukwebo contre la corruption foncière et judiciaire
L’ancien Président du Sénat, Modeste Bahati Lukwebo, a publiquement dénoncé un cas de spoliation foncière le visant personnellement, illustrant de manière saisissante les dérives et la corruption qui gangrènent le secteur foncier et la justice en République démocratique du Congo. Son témoignage, d’une gravité notable, met en lumière des abus orchestrés au sommet et appelle à une réforme numérique urgente.

Durant cette affaire, une parcelle dont M. Bahati Lukwebo se dit propriétaire, et qu’un tiers a tenté de s’approprier. L’épisode le plus choquant remonte au 7 juin 2022. Alors qu’il occupait la fonction de Président du Sénat, une décision de justice a été rendue contre lui, statuant qu’il n’avait « pas d’adresse connue en République démocratique du Congo ».
Les juges se seraient fondés sur cette prétendue absence d’adresse pour justifier l’impossibilité de le notifier et, par conséquent, de l’empêcher de présenter ses moyens de défense dans ce litige foncier.
Le calvaire judiciaire de M. Bahati ne s’est pas arrêté là. En appel, il pointe du doigt l’intervention d’un agent, habitué à la corruption, au trafic d’influence, » identifié comme un collecteur de cotisations pour un parti politique.
Selon l’ancien Président du Sénat, la Cour d’appel aurait confirmé la première décision en utilisant un prétexte procédural : le défaut de paiement de la consignation les frais de procès, une somme dérisoire de moins de 20 dollars.M. Bahati Lukwebo affirme pourtant détenir toutes les preuves de ce paiement. Cette manœuvre, selon lui, vise à légitimer la spoliation de ses biens et à confirmer la sentence initiale, l’obligeant à se pourvoir en cassation.
Face à la gravité des abus commis dans ce secteur, l’ancien dignitaire de l’État insiste sur la nécessité de réformer en profondeur la gestion foncière. Il propose l’instauration d’un site web national de référence pour le cadastre foncier, à l’image du Cadastre Minier
Tout le monde doit être moderne.

L’objectif de cette numérisation est simple : limiter drastiquement les abus et la fraude. Un acheteur potentiel pourrait vérifier instantanément sur le portail l’identité du véritable propriétaire d’une parcelle et le numéro de son certificat, offrant une transparence qui mettrait fin aux jugements fantaisistes et aux manœuvres de spoliation.
Le témoignage de Modeste Bahati Lukwebo, qui révèle une défaillance systémique au plus haut niveau de l’État, constitue un vibrant appel à la prise de conscience et à l’action pour assainir le secteur foncier et restaurer la crédibilité de l’appareil judiciaire congolais
